Ali BOUMAHDI né en 1934 à Berrouaghia. Après des études primaires dans son village natal, il poursuit sa scolarité au lycée de Médéa, puis à Londres et enfin à la Sorbonne en France ou il est licencié en Lettres et en Anglais.
En 1970, il écrit son premier livre; un récit de son enfance à Berrouaghia intitulé : « Le village des Asphodèles ». Dans ce livre, Boumahdi peint par petites touches, dans un style sobre et direct, tous les moments importants de son enfance. C’est un récit vivant de la vie de Berrouaghia vers les années 40/50.
Devenu le Principal d’un collège de la banlieue parisienne à la Seine Saint-Denis, il écrit un second livre en 1987: « L’Homme-cigogne du Titteri ». Un roman inspiré de la famille de sa mère, et qui se déroule à Médéa durant la guerre d’indépendance.
Ali Boumahdi nous a malheureusement quittés en 1994, alors qu’il paraît, il projetait de venir s’installer, à sa retraite, dans sa chère ville de Berrouaghia.
A bientôt.
Hab le hibou
La nomination de son père au poste de Bach Adel à Berrouaghia, à fait que Benyoucef Benkhadda, un natif du village des Asphodèles.
Né le 23 février 1920 dans une impasse du quartier de Draa Souk (ex-quartier nègre), Benyoucef Benkhadda passa toute sa prime jeunesse à Berrouaghia. Sa maison natale existe toujours.
C’est à la suite de la mutation de son père Abdelaziz Benkhedda, vers 1945 /46, à Blida, que le jeune adolescent quitte Berrouaghia pour la ville des roses, où il poursuivit ses études, et devient pharmacien.
Après une jeunesse militante, il est nommé Président du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (G.P.R.A.) en Août 1961.
En 1962, il se retire de la vie politique, jusqu’en 1989 ou il crée le parti « EL OUMA », qu’il dissoudra en 1997.
Ses livres:
« Les origines du 1er novembre 1954 »,
« les Accords d’Evian »,
Et « La crise de 1962 ».
Il décèdera le mardi 04 janvier 2003 à l’âge de 83 ans.
A bientôt.
Hab le hibou
Le clou de nos excursions, lorsque nous étions enfants, était d’aller pic niquer toute la journée au bord de l’oued (rivière) de Hammam Salhin (les Eaux Chaudes), situés à 7 km à l’Est de Berrouaghia.
Nous pêchions les petits poissons, nous gambadions dans les champs et les garrigues, nous pataugions dans les eaux de l’oued, et nous faisions notre provision de glands. Il nous arrivait parfois, de nous baigner dans le Hammam, car l’oued était à l’écart des bains.
Boumahdi Ali parle, mieux que moi de cela, dans son récit « Le village des Asphodèles » Chapitre 22 « les eaux thermales » page 134.
Il dit : « Ces eaux étaient très réputées dans la région pour leurs vertus thérapeutiques, ce qui expliquait l’affluence, …de paysans et de citadins venus pour guérir telle ou telle maladie…
…nous vîmes la traction noire du propriétaire s’arrêter dans la cour plantée de palmiers, devant l’hôtel.»
Cet unique hôtel des Eaux Chaudes, appartenait à M.Pergault.
Boumahdi ajoute plus loin, je cite :
« Après le bain,… nous nous rendions au grand chêne marabout qui dominait l’établissement de bain. Il était situé au sommet d’une colline… couvert de bougies, de morceaux de chiffon multicolores et de toutes sortes d’amulettes. »
Ce chêne existe toujours et est vénéré par les paysans comme du temps de Boumahdi Ali, c’est, je crois SIDI SLIMANE le Marabout du Hammam de Berrouaghia.
Par contre l’hôtel n’est plus là. Il ne reste que le palmier dont ci-joint la photo.
A bientôt.
Hab le hibou
Le nom de la ville de Berrouaghia dérive du terme «Berrouagh» qui signifie asphodèle.
Nom commun: Asphodèle. Nom Scientifique: (Latin) Asphodelus microcarpus Salzm. , Synonyme Asphodelus Ramosus L. famille: Liliaceae ou des Liliacées.
Le nom latin d’Asphodelus Microcarpus Salzm, vient du grec 'asphodelos' qui désignait déjà la plante, 'microcarpus' signifie à petits fruits. Fleur sacrée dans la mythologie grecque et romaine, emblème de la résurrection. Relatée par Homère (l'Odyssée) qui l'associait aux Champs Elyséens où séjournaient les âmes des morts, qui se nourrissaient de leurs racines.
LE MYTHE DE YANNAYER
Je cite « Dans la région de Beni Snous (Algérie) toujours, le premier jour de Yennayer , dés le matin, les femmes vont à la forêt sur les pentes. Elles rapportent des plantes vertes: du palmier nain, de l’olivier, du romarin, des asphodèles, des scilles, du lentisque, du caroubier, de la férule, du fenouil.
Les femmes jettent, sur les terrasses des maisons, ces plantes qu’on y laisse se dessécher. »
Extrait de « Yennayer ou le symbolisme de Janus » de Saïd BOUTERFA, aux éditions Musk. Alger 2002.
L’Asphodèle en Poésie
« …Pendant qu`il sommeillait, Ruth une moabite,
S`était couchée aux pieds de Booz, le sein nu, Espérant on ne sait quel rayon inconnu, Quand viendrait du réveil la lumière subite. Booz ne savait point qu`une femme était là , Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d`elle.
Un frais parfum sortait des touffes d`asphodèles ; Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala…. »
Extrait du poème de V Hugo: « Booz endormi » (La légende des siècles).
« …Aux rivages troyens parcouraient les vaisseaux;Puis il ouvrait du Styx la rive criminelle,Et puis les demi-dieux et les champs d'asphodèle,Et la foule des morts: vieillards seuls et souffrants,Jeunes gens emportés aux yeux de leurs parents,Enfants dont au berceau la vie est terminée,Vierges dont le trépas suspendit l'hyménée. … »
Extrait du Poème D’André CHÉNIER « L’AVEUGLE »
A Bientôt.
Hab le hibou
Depuis l’Antiquité à Thanaramusa Castra (Berrouaghia), la route allant de la Capitale Iol-Caesarea (Cherchell) vers Auzia (Sour-el-Ghouzlane), passait par-là. C’est cette voie romaine qui favorisa en grande partie l’expansion de Thanaramusa, puis de Thanaramusa Castra.
Le déclin de Berrouaghia (Thanaramusa Castra), durant l’époque Arabe puis Ottomane, résulte du délaissement de cette voie, en faveur d’autres, vu les changements de capitales et de royaumes.
A l’époque ottomane, nous pouvons constater que la région de Berrouaghia, car la ville n’existait plus, était totalement enclavée et isolée. La route turque d’Alger vers Médéa, passait par-là: Elle allait
d’Alger vers Hammam Melouane, ensuite Beni Massara, vers L’Oued Lakhraa, passant par le territoire des Beni Bouyagoub, et Berrouaghia (Z’mala) pour arrivait, enfin, à Médéa.
La construction par l’armée française, en 1842 de l’axe routier BLIDA-MÉDÉA par les gorges de la CHIFFA ( ce qui deviendra plus tard la Route Nationale N°01), favorisa grandement la prospérité de Berrouaghia. Le second axe EST-OUEST: EL-KHEMIS-BOUIRA, et l’arrivée, en 1892, du Chemin de fer, a désenclaver définitivement cette région intérieure de l’Algérie, et fait encore les beaux jours de Berrouaghia.
A bientôt.
Hab le hibou
