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Samedi 04 Février 2006

Bien avant la création du village de Berrouaghia, il existait, sur le flanc d’une petite colline, l’emplacement d’un SOUK.
Cette colline s’appelait DRAA ESSOUK. Elle comptait un bivouaque en guise de CAFE MAURE.
Aujourd’hui sur ce Draa il y a la cité de la police de Berrouaghia.
De ce Café maure, est né, petit à petit, un bidonville du nom péjoratif de « VILLAGE NÈGRE »
Avec ses ruelles étroites et ses caniveaux ce quartier est un peu notre « Casbah » à nous.

Constitué en majorité de travailleurs saisonniers, installés dans cette périphérie du village.
A bientôt.

 

Hab le hibou

publié par hab le hibou dans: thanaramusa
Vendredi 03 Février 2006

« …
L’homme du Makhezen était suivant le sens exact du mot un instrument, un agent du fisc (KHAZNA). La rentrée des impôts rencontrant toujours des difficultés, il fallait, pour en opérer le recouvrement, un déploiement de forces. L’homme du Makhezen, le MAKHAZENI était à la fois un agent de perception et un soldat – par extension le mot Makhezen est souvent pris dans le sens d’autorité et même de gouvernement.
Le Beylik du Titteri possédait deux tribus Makhezen, appelés comme partout DOUAÏR et ABID ou ZEMOUL

Le nom du Makhezen des Abid, paraît indiquer qu’il aurait été formé, dans le principe, de nègres affranchis ainsi que cela a eu lieu dans quelques autres pays. Cette origine nous paraît confirmée par les anciens du pays : d’après eux, le Makhezen des Abid aurait été d’abord commandé par deux affranchis connus sous les noms de M’barek-el-kebir et M’barek-el-serir. A la mort de ces deux personnages, dont l’un aurait été tué par ses serviteurs, le Bey du Titteri choisit les chefs du Makhezen dans les principales familles des Abid. (Si Ahmed Ksantini, aïeul des Ksantia, fut le premier kaid des Abid cheraga et Eudda ben Senoussi, le premier kaid des Abid gheraba.)

Tout chef de tente qui venait s’établir sur les territoires affectés au Makhezen avec sa famille et ses troupeaux, était sur sa demande inscrit comme cavalier du Makhezen et, à ce titre, il recevrait du gouvernement un cheval et un fusil. Le harnachement et la nourriture restaient à la charge de l’inscrit.
Al la mort du cavalier, le cheval et le fusil faisaient retour à l’Etat…

Le Makhezen, et c’était là un de ses grands privilèges, était entièrement exempt de corvées et de toutes les contributions personnelles réunies sous le nom de Gherama. Il était également affranchi de l’Achour et de la Mouna, mais seulement sur son propre territoire. ( …Remarquons, cependant que les terres Raïa, Ouled Hedim et Hakoum, concédées au Makhezen par le gouvernement turc étaient cependant grevées au profit des anciens propriétaires d’un réal (1 f. 80 c) par Zouidja. Cet argent était versé par le Makhezen dans les caisses du Bey et en compensation, les Ouled Hedim ne donnaient ni moutons, ni beurre fondu…)

En échange de ces prérogatives, le Makhezen rendait des services multiples et jouait le principal rôle dans les affaires de guerre : ….
Le rôle politique du Makhezen n’était pas moindre : le Makhezen assister le kaid dans les opération fiscales pour le recensement ou la perception des impôts, il faisait exécuter les ordres de l’autorité …

Le gouvernement avait pour coutume de relever très fréquemment les aghas…
Parmi les aghas du Makhezen qui ont laissé une grande réputation de bravoure, on cite dans les Douaïr : El Hadj ben Kanoun, tué par Osman Bey à Aïn Mocharref ; son fils Yahya, Sliman el Mahalla, Sliman ben Ameur, Mohammed ben Bakkouch, Baha ben el Allam, Ben Turki ben Osman (Aïeul du kaid des Douaïr, Aïssa ben Turki…) Mahmoud ben Radjeuh (aïeul des Ouled Saïd), El-Oussif bel Hadj Ahmed.
Dans le Makhezen des Abid, les chefs qui ont laissé le plus de réputation sont : Eudda ben Senoussi, des Abid Gheraba, Si Ahmed el Ksantini (aïeul des Ksantia), Si Kouider ben si Ahmed, Bel Aïd ben Eudda, Mohamed ben Abid et Ahmed ben Kaddour.
Plusieurs de ces chefs ont payé de leur vie des fautes souvent peu graves, mais qu’il importait aux chefs Osmanlis de ne pas laisser impunies. …
Les Turc n’eurent guère à combattre – au moins dans le Titteri – que contre les nomades…

Aussitôt que le Bey était prévenu, par le cheikh des Ouled Mokhtar, de la position des révoltés, il envoyait aux aghas des Douaïr et des Abid l’ordre de réunir leurs Makhezen, il ordonnait également aux chefs des Zebantout casernés à Berrouaghia de se tenir prêt à marcher avec ses hommes, auxquels l’Oukil de Berrouaghia devait distribuer l’orge et les vivres pour le nombre de jours que devait durer l’expédition.
Les Zebantout montaient sur des mulets fournis par l’Etat et comportaient chacun :
1° une heïba ou sacoche renfermant d’un côté le Bechmath (biscuit) de l’autre l’orge ;
2° la guerba, outre ;
3° un Fas, hachette de campagne ;
4° une faucille, Mendjel ;
Pour cinq hommes.
Les Zebantout, portés sur leurs bêtes, étaient suivis d’un certain nombre d’ A’zara (Da’zara) ou serviteurs ( choisis dans l’escouade des Khazenadjia ou muletier), exclusivement chargés d’aiguillonner les mulets et d’accélérer ainsi la marche…

Le Bey en partant de Berrouaghia se rendait à Oum El-Adheum, sur la limite du Tell et du Sahara. C’est là que la colonne s’organisait et se complétait par l’arrivée du Makhezen et l’adjonction du goum des Ouled Mokhtar et des autres contingents. Le cheikh des Djouad échangeait son cheval contre un de ceux du Bey.
La colonne de razzia était ordinairement composée ainsi qu’il suit :
1° 50 spahis turcs ;
2° 100 Zebantout, au plus ;
3° Une dizaine de Mekahlia ;
4° 7 allama ;
5° 4 à 500 chevaux du Makhezen des Abid et des Douaïr ;
6° 150 chevaux fournis par les Ouled Mokhtar, Mouïdat et Titteri ;
7° l’artillerie, composée de 2 où 3 canons porté à dos de mulet ;
8° les contingents des tribus Raïa
On ne faisait généralement que des marches de nuit, pendant lesquels on observait le silence le plus absolu. On changeait parfois de direction pour détourner les éclaireurs ennemis ; il était défendu d’allumer du feu.
Pendant les marches de nuit, la colonne suivait invariablement l’ordre suivant :
1° Le cheikh de Oulad Mokhtar et son goum ;
2° le Bach Allam portant une lanterne sourde fixée à l’extrémité de la hampe du frapeau, lanterne dont le feu indiquait le route à suivre ;
3° le Bey et sa maison militaire ;
4° les Zebantout ;
5° un Allam portant une deuxième lanterne placée comme la première et servant de guide à la suite ;
6° le Makhezen et les contingents des tribus.

…Quoi qu’il en soit, les Mokhazeni se battaient bien et leur insouciances au combat avait donné lieu à un proverbe dont ils s’enorgueillissaient :
« Le cheval est au Beylik, la vie à Dieu »
Les blessées étaient relevés après le combat et transportés soit dans leurs tribus, soit à Médéa, sur des mulets haut de pied ou des chevaux munis de litières. Les animaux qui transportaient les blessés devenaient leur propriété ou celle de leur famille s’ils mouraient.

Les chèvres et les ânes appartenaient moitié aux gens des Douaïr, qui partageaient avec le Bach Allam, le Bach Säis, le Bach Khazenadji et les Sïaras ; moitié aux gens des Abid qui eux partageaient avec les Mekahlia et autres employés militaires.
Le Bey vendait les mouton, chameaux et bœufs etc., aux Douaïr et aux Abid qui les revendaient avec bénéfice aux Raïa.
Chaque Zebantout recevait environ 4 boudjoux (7 f. 20 c), le spahis 6 boudjoux (10 f. 80 c).
Enfin le Bey donnait au cheikh des Ouled Mokhtar une gratification de 4 à 600 moutons et une quarantaine de chameaux suivant l’importance du butin…
Les Turcs disaient : « les Arabes sont un coffre dont le kaid est la chef »
En vertu de cet axiome, ils confièrent toujours les fonctions de kaid des tribus Raïa à des hommes choisis par mis les spahis turcs ou koulouglis au service du Bey.
Les kaid résidaient à Médéa et ne se rendaient dans leurs tribus que pour y faire le recensement des zouidja et pour la perception de la gherama, opération dans laquelle ils se faisaient chacun assister par un comptable ou Saïdji israélite.
L’administration intérieure des tribus était entièrement laissée aux cheikh que l’autorité avait soin de choisir dans les familles les plus influentes de la fraction à commander.
Dans les tribus importantes, un des cheikhs remplissait les fonctions de khalifa du kaid avec le titre de Cheikh des cheikhs.

Les cheikhs assistaient aux versements des prestations en nature à Berrouaghia, à la Kasba et au Dar el-Mouna,…

les Kadhis de la Province du Titteri étaient au nombre de quatre :
1° Le Kadhi de Médéa,…
2° Le Kadhi du Tenin (lundi) de Berrouaghia (car le souk se déroulait chaque lundi à Berrouaghia – là, c’est moi qui souligne)
3° Le Kadhi du had (dimanche) des Rebaïa ;
4° Le Kadhi du Djema (vendredi) d’Amoura qui fut un des derniers créer, ainsi que celui installé aux Beni bou Yagoub.
Ces magistrats étaient nommés par les beys. Ils avaient seuls le droit de se servir d’un cachet…

Tout kadhi faussaire ou concussionnaire avait la main gauche coupée.

Le gouvernement Turc tirait des ressources considérables des fermes domaniales qu’il avait crées et organisées dans le Beylik du Titteri et qu’il avait exploitait directement.
Le matériel agricole de ces fermes appartenait à l’Etat.
….
Ainsi pour ne citer qu’un exemple, le Bey Moustafa Mezerag, après avoir rasé les Gherarir, grande famille des Oulad Mellal (Hassen Ben Ali), qui avaient infesté par leurs brigandages le canton du Fernan, confisqua toutes leurs terres et les vendit directement à leur voisins, les Ouled Ben Zekkour de la même tribu.
….
Berrouaghia était à la fois un établissement militaire et agricole, crée par le Bey Ouzenadji et augmenté par ses successeurs.
Les vastes magasins de cet établissement renfermaient une immense quantité de grains, de bechmat, de borghol et un matériel agricole considérable.
Le Beylik y entretenait, en outre, environ 500 mulets, dont 200 étaient réservés pour les Zebantout, qui les montaient dans les expéditions. Les autres étaient employés pour les transports et les travaux agricoles.
Un détachement de deux seffra tenait garnison permanente à Berrouaghia. Les escouades des Azara (domestiques), dont nous avons parlé, y résidaient aussi.
Le Tchintcheri ou kaid El-Djeleb et le kaid El-Ibel, chargés, le premier des moutons du Beylik et le deuxième, des chameaux, demeuraient à Berrouaghia avec leur suite.
Pendant l’hiver, le kaid El-Ibel s’installait à Aïn Ouassara."

Extrait de la « Notice sur l’Histoire et l’Administration du Beylik de Titteri » Par Henri FEDERMANN et Bon Henri AUCAPITAINE
Cl. REVUE AFRICAINE Vol. 1867
Bonne lecture et à bientôt.
Hab le hibou

 

publié par hab le hibou dans: thanaramusa
Vendredi 03 Février 2006
J’ai trouvé dans mes archives une carte postale illutant « Uni nid de Cigognes » datée du 17 novembre 1905, adressée à Monsieur Ostertag disant ceci :
« Cher Monsieur Ostertag,
Avez-vous reçu le colis postal dont je vous ai annoncé l’envoi par lettre du 24 octobre dernier ?
Il y a deux jours que je suis revenue de …( mot illisible). Charlotte et son mari se portent bien. Ils attendent un héritier ou héritière pour le mois de janvier.
Comment vous portez-vous tous ? Bien j’espère.
Veuillez présenter mes amitiés à Monsieur l’abbé Jacquet et à la famille Laugar. S’il plait à Dieu, j’irai à Berrouaghia pour les fêtes de Pâques. Je ne serai pas seul. Si vous avez l’occasion de voir Mr. Le Dr Susini, dites-lui que je lui adresse mes amicales et respectueuses salutations.
Tous les miens se joignent à moi pour vous envoyer à tous, nos meilleures amitiés.
Votre tout dévoué.
Signé J Beose »
M. Ostertag Jean est un Maréchal Ferrand du 3e Escadron de 1ER Régiment de Spahis de la Zmala de Berrouaghia. Il a fait l’objet d’un article dans le magazine « Historia ». Je vous en parlerai, prochainement, aussitôt que j’aurai retrouvé l’article en question.
A bientôt.
Hab le hibou

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Lundi 30 Janvier 2006

C’est vers 1939 que fut construit l’école ouvroir du village de Berrouaghia. Il ouvre ses postes à l’éducation des filles, comme c’est la tradition de ces écoles-là, en 1941.
Il se situe à l’angle de la rue de l’Est et de la rue Jannot, de l’époque, aujourd’hui rue des écoles et rue Tayeb Djouglali.
De style moderne et sobre. Le bâtiment de l’école ouvroir de Berrouaghia, était sur deux niveaux et en forme de « L » à son début. C’est quelques années plus tard que l’on a ajouté d’autres classes et formé la cour par la pose d’un mur de clôture.
A l’entrée, il y avait dessinée sur un mur une jolie fresque de femmes arabes attelées aux tâches traditionnelles.
Des générations de filles ont apprissent la couture, la broderie, la cuisine, la péri culture à côté de la littérature, de la grammaire, du calcul etc.
De nos jours cet établissement est une école primaire ou secondaire.
Voici une photo de cet école.
A bientôt.
Hab le hibou

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Lundi 30 Janvier 2006

L’avenue de la République et la Rue Émir Abd El Kadar constituent à elles deux LE GRAND BOULEVARD de Berrouaghia.
Il va du petit carrefour de la route de Khemis, en face de la poste, jusqu’au Bazard de Kaidali (Koucha).
C’est la devanture de la ville; avec ses larges trottoirs ombrés par les platanes, ses magasins et ses terrasses de cafés.
C’est là où se trouvait la Mairie et son Commissariat de Police, La Poste, l’arrêt de la Diligence etc., etc.

Curiosités a visiter pour l ‘Avenue de la République
- L’ex.-mairie, Cinéma et Commissariat de Police.
- Hammam Rabah.
- L’inspection Académique (Ex-villa Dr. Ceccaldi).
- La Poste.
- La Pharmacie Centrale (Ex- coutouly).
- La Halle aux Grains (ex Souk El-Fellah).

Curiosités a visiter pour la Rue Emir Abd El Kader :
- Le café « Sahraoui».
- L’arrêt « Djebara »
- - Le Hammam « Carloz ».
- - La Ruelle entre l’école Belaid et la Rue Émir.
A Bientôt
Hab le hibou

 

 

 

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